LA PARTHENOGENESE
Dans le monde merveilleux des abeilles, un mâle est créé à partir d'un œuf pondu par la reine bien sûr, mais sans être fécondé par le sperme. Ce processus de reproduction à partir d'œufs non fécondés s'appelle la parthénogenèse.
Diploïde et Haploïde
La cause de toute cette bizarrerie est en fait un système de détermination du sexe (appelé du nom barbare « d’haplodiploïdie ») complètement différent de l’espèce humaine. Tous les œufs (de poule par exemple, idem chez la femme) doivent être fécondés pour donner un poussin (poule ou coq), un enfant (garçon ou fille).
Mais dans le monde merveilleux des abeilles, un mâle est créé à partir d’un œuf pondu par la reine, mais non fécondé par du sperme. Ce processus de reproduction à partir d’œufs non fécondés s’appelle la parthénogenèse. L’abeille mâle (le faux bourdon) est dite « haploïde » parce que les chromosomes qu’il possède sont en simple exemplaire.
La situation plus familière, où la reine pond un œuf fécondé avec du sperme (car elle possède un « stock » (spermathèque) de spermes issus de plusieurs mâles différents s’étant accouplés avec elle), aboutit à une femelle. Cet œuf femelle est ainsi destiné à devenir soit une ouvrière, soit une reine. Les abeilles femelles sont dites « diploïdes » parce que dans leur cas, à la différence des mâles, les chromosomes qu’elles contiennent vont par paire.
Au commencement était l’œuf …
Chez l’espèce humaine la mère comme le père donnent chacun la moitié de leur patrimoine génétique, c’est-à-dire la moitié de leurs chromosomes (c’est ce qu’on appelle la réduction chromatique). On peut ainsi dire à ce sujet que nous sommes seulement les demis enfants de nos parents puisqu’une sélection de chromosomes a eu lieu chez chacun d’eux, qui n’a donc donné que la moitié de leurs 46 chromosomes, soit 23 chromosomes de la part de la mère par l’ovule, et 23 chromosomes de la part du père par le spermatozoïde. Cet héritage explique que nous ressemblions à nos parents qui nous ont donné chacun la moitié de leurs caractéristiques.
Chez les abeilles le même principe existe, mais seulement chez les femelles. Les abeilles femelles sont le résultat d’œufs fécondés. Comme chez l’espèce humaine, c’est le mélange des 16 chromosomes propres à l’abeille femelle et des 16 chromosomes apportés par un faux bourdon, qui aboutissent à la naissance d’une abeille femelle. A la différence de l’espèce humaine, un œuf fécondé, chez l’abeille, ne donne naissance qu’à une fille, jamais à un mâle.
Côté mâle, ça se complique … On l’a vu plus haut, les mâles (faux bourdons) n’ont qu’un seul exemplaire de chaque chromosome et sont dits haploïdes : ils ne possèdent que 16 chromosomes (tous seulement issus de la reine, leur mère, qui leur a donné naissance), à la différence d’une abeille femelle qui, étant diploïde, possède bien les chromosomes en double (issus à la fois du père et sa mère, la reine), soit au total 32 chromosomes pour une abeille femelle.
Résumons-nous :
16 chromosomes de la reine mère + 16 chromosomes de sperme de faux bourdon = femelle (ouvrière ou reine), avec 32 chromosomes.
16 chromosomes de la reine + 0 chromosome du sperme du faux bourdon = mâle avec 16 chromosomes seulement.
Comment ça marche
Comment fait la reine pour déterminer le sexe de l’œuf qu'elle va pondre.
Et bien, ce n'est pas elle qui va le déterminer mais les ouvrières.
Les ouvrières vont décider le nombre de mâles désirés dans la ruche.
En effet, les alvéoles des femelles et des mâles sont très différentes.
Les alvéoles du couvain femelles sont petites.
Celles du couvain mâles sont plus grosses et plus profondes.
Vous allez me dire, mais qu'est qui fait la différence ?
Lorsque la reine va pondre dans une cellule femelle, son abdomen est comprimé par l'étroitesse de la cellule et l’œuf qu'elle pondra sera fécondé.
A contrario, lorsque la reine pond dans une cellule large de faux-bourdon, son abdomen n'est pas comprimé et l’œuf n'est pas fécondé et comme vu précédemment, l’œuf deviendra un faux-bourdon.
C'est pas merveilleux tout cela.